Les forêts boréales, le plus grand biome terrestre de la planète, se déplacent progressivement vers le nord. Une étude récente, basée sur des données satellitaires de 1985 à 2020, révèle un phénomène de migration causé par le réchauffement climatique. Cette progression soulève des questions importantes sur leur rôle futur dans l'absorption du carbone.
Points Clés
- Les forêts boréales ont migré de 0,29 degré de latitude moyenne vers le nord entre 1985 et 2020.
- Elles ont également augmenté de 12 % en superficie forestière sur la même période.
- Ce déplacement influence le budget carbone mondial, avec une capacité accrue de séquestration.
- Le réchauffement climatique augmente aussi les risques d'incendies et d'épidémies d'insectes.
- Les jeunes forêts boréales possèdent des attributs structurels et fonctionnels distincts.
Migration et Croissance des Forêts Boréales
Une équipe internationale de chercheurs, incluant des scientifiques du Goddard Space Flight Center de la NASA, a analysé des images des satellites Landsat. Ces données ont permis de cartographier la couverture arborée avec une résolution de 30 mètres. Les résultats montrent un déplacement notable des forêts boréales sur 36 ans.
Ces forêts ont non seulement augmenté leur superficie de 12 %, mais elles ont aussi avancé vers le nord de 0,29 degré de latitude moyenne. Ce mouvement est une réponse directe aux températures croissantes dans les régions boréales, qui se réchauffent plus rapidement que tout autre type de forêt terrestre.
Fait Marquant
Les forêts boréales représentent le plus grand biome terrestre et jouent un rôle crucial en tant que puits de carbone. Elles sont désormais des "agents dynamiques de séquestration du carbone" en raison de leur croissance et de leur jeunesse.
Impact sur le Bilan Carbone Mondial
Le déplacement et la croissance des forêts boréales ont des implications complexes pour le climat mondial. D'une part, l'augmentation des jeunes arbres boréaux pourrait permettre à ces forêts d'absorber davantage de carbone atmosphérique. Les estimations varient entre 1,1 et 5,9 gigatonnes de carbone supplémentaires.
Pour mieux comprendre, l'ensemble des arbres mondiaux retient environ 861 gigatonnes de carbone. Une augmentation de la capacité de séquestration des forêts boréales, bien que modeste à l'échelle globale, reste significative. Les jeunes forêts se distinguent par leurs attributs structurels et fonctionnels uniques.
"Ces changements ne sont pas seulement étendus spatialement mais aussi démographiquement conséquents : ils reflètent une fraction croissante de jeunes forêts avec des attributs structurels et fonctionnels distincts qui les positionnent comme des agents dynamiques de séquestration du carbone." – Extrait de l'étude publiée dans Biogeosciences.
Les Menaces du Changement Climatique
Malgré cette capacité accrue d'absorption de carbone, le tableau n'est pas entièrement positif. Le climat de plus en plus extrême complique la situation. Les scientifiques observent une augmentation des incendies de forêt, notamment dans l'ouest du Canada. Des épidémies d'espèces destructrices, comme le dendroctone du pin, causent également des pertes importantes dans les forêts boréales.
Les hivers plus courts et les étés plus chauds entraînent des périodes de sécheresse prolongées. Ces conditions assèchent les sols et favorisent la formation de proliférations d'algues nuisibles dans les lacs. La perte de couverture arborée due à la sécheresse, aux incendies, aux maladies et aux insectes pourrait annuler les bénéfices de la croissance des forêts.
Contexte Écologique
Les forêts boréales se réchauffent plus vite que tout autre type de forêt. Ce réchauffement accéléré est un moteur clé de leur migration. Comprendre ces dynamiques est essentiel pour anticiper les boucles de rétroaction climatiques nettes issues des écosystèmes boréaux.
Complexité des Dynamiques Forestières
Les chercheurs soulignent la complexité des dynamiques forestières boréales. Les tendances nettes, bien que globalement significatives, masquent une hétérogénéité géographique et temporelle considérable. Elles reflètent également des processus écologiques sous-jacents complexes qui modifient la forêt.
Une compréhension plus complète de ces dynamiques nécessite l'intégration de séries temporelles satellitaires avec des mesures de terrain de la structure de la canopée. Il est aussi crucial d'étudier les facteurs environnementaux de la croissance, de la mortalité et du renouvellement des espèces. Ces informations sont vitales pour élaborer des stratégies d'adaptation et d'atténuation du changement climatique.
- Les feux de forêt sont plus fréquents et intenses.
- Les épidémies d'insectes, comme le dendroctone, détruisent des pins.
- Les sécheresses prolongées affectent la santé des sols.
- Les proliférations d'algues nuisibles augmentent dans les lacs.
Perspectives Futures et Collaboration
Traduire ces informations en actions concrètes pour prévenir et s'adapter au changement climatique exigera une communication efficace. Cette collaboration doit s'étendre aux domaines scientifiques, gouvernementaux et commerciaux. L'avenir des forêts boréales, et leur capacité à agir comme puits de carbone, dépendra de notre compréhension et de notre réponse collective.
Les scientifiques continuent de surveiller ces écosystèmes vitaux. Leurs recherches sont fondamentales pour anticiper les impacts du réchauffement global et protéger ces ressources naturelles essentielles à la régulation du climat de notre planète.





