La capitale grecque, Athènes, est confrontée à une menace croissante de pénurie d'eau, alors que son principal réservoir a perdu près de la moitié de son volume en moins de quatre ans. Le gouvernement grec s'est réuni d'urgence pour discuter de mesures visant à faire face à une crise qui pourrait affecter des millions d'habitants.
La situation est devenue si préoccupante que le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a personnellement présidé une réunion de crise le vendredi 25 octobre 2025. Les discussions ont porté sur les données hydrologiques les plus récentes, qui révèlent une diminution alarmante des réserves d'eau de la métropole.
Points Clés
- Le lac Mornos, principal réservoir d'Athènes, a perdu près de la moitié de son volume d'eau depuis janvier 2022.
- Le gouvernement grec a tenu une réunion d'urgence pour élaborer un plan d'action.
- La crise est attribuée au changement climatique, à la baisse des précipitations et aux températures élevées prolongées.
- Des mesures de restriction pourraient être annoncées prochainement pour Athènes, Thessalonique et plusieurs îles.
Le niveau critique du lac Mornos
Le lac Mornos est au cœur des préoccupations. Ce réservoir artificiel, vital pour l'approvisionnement en eau de la région d'Athènes et du Pirée, affiche des niveaux historiquement bas. Des données satellitaires récentes, corroborées par des relevés hydrométriques, illustrent l'ampleur du problème.
Entre janvier 2022 et octobre 2025, la superficie du lac est passée d'environ 19,1 kilomètres carrés à seulement 8,7. Cette réduction drastique de la surface visible n'est que le reflet d'une perte de volume encore plus inquiétante.
Une chute vertigineuse des réserves
Les chiffres officiels montrent une baisse spectaculaire du volume d'eau. En septembre 2024, le réservoir contenait 328 millions de mètres cubes d'eau. Un an plus tard, en septembre 2025, ce volume était tombé à 193 millions de mètres cubes.
Un observatoire pour suivre la crise
Face à cette situation qui se détériore rapidement, l'Observatoire national d'Athènes a lancé le mois dernier un nouveau service d'information public. Baptisé "Mornos Reservoir Observatory", cet outil permet de suivre en temps réel l'évolution du niveau du lac et de sensibiliser le public à la gravité de la situation.
Les causes d'une crise annoncée
Les experts s'accordent à dire que cette pénurie est une conséquence directe du changement climatique. La Grèce, comme une grande partie du bassin méditerranéen, subit des changements profonds dans ses régimes climatiques.
L'impact du changement climatique
La diminution des précipitations annuelles et des vagues de chaleur plus longues et plus intenses sont les principaux facteurs. Ces conditions empêchent les réservoirs de se reconstituer naturellement pendant les mois d'hiver et augmentent l'évaporation pendant l'été, créant un déficit hydrique qui s'aggrave d'année en année.
L'épuisement du lac Mornos met une pression immense sur les autres sources d'eau d'Athènes, notamment les lacs Yliki et Marathon. Cette dépendance accrue fragilise l'ensemble du système d'approvisionnement de la capitale.
La réponse du gouvernement
La réunion présidée par le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis signale que la crise a atteint le plus haut niveau de l'État. Selon des sources gouvernementales, une série d'initiatives a été discutée pour contrer la menace imminente.
Bien qu'aucune annonce officielle n'ait été faite à l'issue de la réunion, des mesures concrètes sont attendues dans les semaines à venir. Celles-ci pourraient inclure :
- Des campagnes de sensibilisation pour réduire la consommation d'eau.
- Des restrictions sur l'utilisation de l'eau pour l'arrosage des jardins et le lavage des véhicules.
- Des investissements dans la réparation des fuites du réseau de distribution.
- L'exploration de sources d'eau alternatives, comme le dessalement.
Ces mesures ne concerneraient pas seulement la capitale. La région métropolitaine de Thessalonique et plusieurs îles grecques, également touchées par le manque d'eau, pourraient être soumises à des restrictions similaires.
Des conséquences au-delà des villes
La crise de l'eau ne menace pas seulement les habitants des villes. Les écosystèmes locaux et leur biodiversité fragile sont également en danger. La baisse du niveau des lacs et des rivières a un impact direct sur la faune et la flore qui en dépendent.
"Nous assistons à une transformation de notre environnement. La gestion durable de l'eau n'est plus une option, c'est une nécessité absolue pour la survie de nos écosystèmes et de nos communautés", a commenté un hydrologue proche du dossier.
La situation en Grèce est un avertissement pour de nombreuses autres régions du monde confrontées à des défis similaires. La gestion de l'eau devient un enjeu stratégique majeur dans un climat en pleine mutation, exigeant des réponses politiques fortes et une prise de conscience collective.





