Les données scientifiques publiées ce mercredi confirment que l'année 2025 a été la troisième plus chaude jamais enregistrée au niveau mondial. Cette annonce, issue du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF), place les trois dernières années comme les plus chaudes depuis le début des relevés.
Plus alarmant encore, la planète vient de traverser sa première période de trois ans consécutifs où la température moyenne a dépassé de 1,5 °C les niveaux préindustriels. Ce franchissement, même temporaire, signale une accélération du réchauffement climatique et rapproche le monde d'un point de bascule critique.
Points Clés
- L'année 2025 se classe comme la troisième année la plus chaude de l'histoire, juste derrière 2024 (la plus chaude) et 2023.
- Les trois dernières années (2023, 2024, 2025) sont collectivement les plus chaudes jamais enregistrées.
- Pour la première fois, la température moyenne mondiale a dépassé le seuil de 1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle sur une période de trois ans.
- Les scientifiques estiment que l'objectif à long terme de l'Accord de Paris de 1,5 °C pourrait être franchi de manière permanente avant 2030.
Une tendance au réchauffement qui se confirme
Les analyses du service Copernicus sur le changement climatique de l'Union européenne sont sans appel. L'année 2025 a maintenu la tendance à la hausse des températures mondiales, s'inscrivant dans une série de records de chaleur. Bien que légèrement plus fraîche que 2023 de seulement 0,01 °C, elle complète un trio d'années exceptionnellement chaudes.
Le service météorologique national du Royaume-Uni, le Met Office, a corroboré ces conclusions, classant également 2025 comme la troisième année la plus chaude dans ses propres archives, qui remontent à 1850. Ces données multiples renforcent la certitude de la communauté scientifique sur la trajectoire actuelle du climat.
Une Chaleur Persistante
Le réchauffement global à long terme est actuellement estimé à environ 1,4 °C au-dessus des niveaux préindustriels. L'année 2024 avait déjà vu le seuil de 1,5 °C être temporairement franchi sur une base annuelle, un précédent inquiétant.
La confirmation de cette tendance intervient alors que les effets du changement climatique se manifestent de plus en plus violemment à travers le monde, des vagues de chaleur extrêmes aux tempêtes plus puissantes.
Le seuil de 1,5 °C, une limite symbolique et critique
L'Accord de Paris de 2015 a fixé l'objectif de maintenir le réchauffement de la planète bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, en s'efforçant de le limiter à 1,5 °C. Ce seuil n'est pas arbitraire ; il représente le point au-delà duquel les scientifiques anticipent des impacts climatiques graves et souvent irréversibles.
Un dépassement inévitable ?
Le fait que la moyenne sur trois ans ait déjà dépassé 1,5 °C est un signal fort. Selon les experts de l'ECMWF, l'incapacité à réduire suffisamment les émissions de gaz à effet de serre signifie que le seuil de 1,5 °C, mesuré comme une moyenne sur plusieurs décennies, pourrait être franchi de manière permanente bien avant 2030.
"Le 1,5 °C n'est pas un précipice. Cependant, nous savons que chaque fraction de degré compte, en particulier pour l'aggravation des événements météorologiques extrêmes."
Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat à l'ECMWF
Carlo Buontempo, directeur du service Copernicus, va plus loin en affirmant que le dépassement est désormais quasi certain. "Nous sommes voués à le dépasser", a-t-il déclaré. "Le choix que nous avons maintenant est de savoir comment gérer au mieux le dépassement inévitable et ses conséquences sur les sociétés et les systèmes naturels."
Les conséquences concrètes d'un monde plus chaud
L'année 2025 a été marquée par une série d'événements extrêmes directement liés au réchauffement climatique. Ces catastrophes ne sont plus des prédictions lointaines, mais une réalité vécue par des millions de personnes.
Qu'est-ce que le seuil de 1,5 °C ?
Il s'agit de la limite de réchauffement que les nations se sont engagées à viser dans l'Accord de Paris. Dépasser cette limite, même temporairement, augmente la fréquence et l'intensité des vagues de chaleur, des sécheresses, des inondations et des tempêtes, menaçant les écosystèmes, la sécurité alimentaire et les infrastructures mondiales.
Parmi les événements notables de 2025, on peut citer :
- Des incendies record en Europe : Les feux de forêt sur le continent ont produit les émissions totales les plus élevées jamais enregistrées.
- Des catastrophes aggravées par le climat : Des études scientifiques ont confirmé que des événements spécifiques, comme l'ouragan Melissa dans les Caraïbes et les pluies de mousson dévastatrices au Pakistan qui ont causé la mort de plus de 1 000 personnes, ont été rendus plus sévères par le changement climatique.
- Fonte des glaces polaires : La couverture de glace de mer combinée aux deux pôles a atteint un niveau record en février 2025.
Ces impacts généralisés soulignent l'urgence d'agir. Chaque augmentation de température, même minime, se traduit par des conséquences plus graves et plus coûteuses pour les sociétés humaines et la biodiversité.
Un consensus scientifique face aux défis politiques
La cause principale du réchauffement est bien établie : les émissions de gaz à effet de serre provenant de la combustion de combustibles fossiles comme le charbon, le pétrole et le gaz. Ce consensus scientifique mondial est pourtant confronté à une opposition politique croissante dans certains pays.
Par exemple, le retrait des États-Unis de plusieurs entités de l'ONU, y compris le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), sous l'administration Trump, illustre les obstacles à une action climatique coordonnée. Ces actions vont à l'encontre des avertissements répétés de la communauté scientifique sur la nécessité de réduire drastiquement et rapidement les émissions pour éviter les pires scénarios.
Les données de 2025 ne sont pas seulement des statistiques ; elles sont un appel à l'action. Elles démontrent que la fenêtre d'opportunité pour limiter le réchauffement à 1,5 °C se referme rapidement, et que les conséquences d'un échec se font déjà sentir à l'échelle planétaire.





