Les Nations Unies ont récemment donné leur feu vert aux premiers crédits carbone émis dans le cadre d'un nouveau marché du carbone établi par l'Accord de Paris sur le climat. Cette initiative vise à intensifier les efforts mondiaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elle permet aux entreprises et aux nations de compenser leurs émissions excédentaires en finançant des projets de réduction des gaz à effet de serre dans d'autres pays.
Ce mécanisme, bien que salué pour son potentiel à diriger des financements vers des projets climatiques essentiels, fait face à un examen minutieux. Des préoccupations concernant le "greenwashing" ou l'exagération des réductions d'émissions réelles, persistent parmi certains critiques. Cependant, les partisans soulignent les garanties renforcées pour assurer la crédibilité de ces nouveaux crédits.
Points Clés
- L'ONU a approuvé les premiers crédits carbone sous l'Accord de Paris.
- Un projet de cuisson propre au Myanmar est le premier bénéficiaire.
- Ces crédits visent à réduire les émissions et à soutenir le développement durable.
- Des règles plus strictes sont en place pour prévenir le "greenwashing".
- Le mécanisme permet le commerce transfrontalier de réductions d'émissions.
Un nouveau chapitre pour la finance climatique
L'annonce de l'approbation de ces crédits marque une étape importante. Elle ouvre la voie à une nouvelle ère de coopération internationale en matière de lutte contre le changement climatique. Le système permet de transformer les réductions d'émissions en actifs échangeables.
Le Secrétaire exécutif de l'ONU Changements Climatiques, Simon Stiell, a souligné l'importance de ce mécanisme. Il a déclaré que ces solutions peuvent améliorer la vie quotidienne des populations. Elles canalisent également des fonds là où ils génèrent des bénéfices concrets sur le terrain.
Fait Intéressant
Les réductions d'émissions créditées sous le nouveau mécanisme de l'Accord de Paris sont calculées de manière 40% plus conservatrice que sous les programmes précédents. Cette approche vise à renforcer la confiance et la rigueur du marché.
Le projet pilote au Myanmar
Le premier projet à bénéficier de ce nouveau système est une initiative de cuisson propre au Myanmar. Ce projet distribue des foyers de cuisson améliorés. Ces foyers réduisent la pression sur les forêts locales en utilisant moins de bois.
Le projet est mis en œuvre en partenariat avec une entreprise sud-coréenne. Les crédits générés contribueront aux objectifs climatiques de la Corée du Sud et du Myanmar. C'est un exemple concret de collaboration internationale pour des bénéfices environnementaux et sociaux.
« Plus de deux milliards de personnes dans le monde n'ont pas accès à des moyens de cuisson propres, ce qui tue des millions de personnes chaque année. La cuisson propre protège la santé, préserve les forêts, réduit les émissions et aide à autonomiser les femmes et les filles, qui sont généralement les plus touchées par la pollution de l'air domestique. »
Impact sur la santé et l'environnement
Les foyers de cuisson efficaces réduisent significativement la quantité de fumée à l'intérieur des habitations. Cela a un impact direct sur la santé des familles, en particulier des femmes et des enfants. La pollution de l'air domestique est une cause majeure de maladies respiratoires.
De plus, la réduction de la consommation de biomasse ligneuse contribue à la conservation des forêts. Cela aide à maintenir la biodiversité et à renforcer la résilience des écosystèmes face aux changements climatiques.
Contexte de l'Accord de Paris
L'Accord de Paris, signé en 2015, engage les pays à limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C, et idéalement à 1,5°C. Il prévoit également la possibilité pour les pays de participer à un commerce transfrontalier des réductions de carbone.
Prévenir le "greenwashing"
La question du "greenwashing" est un enjeu central pour la crédibilité des marchés de carbone. Certains craignent que des systèmes mal conçus ne permettent aux entreprises ou aux pays de surestimer leurs réductions d'émissions. Cela pourrait saper les efforts mondiaux pour lutter contre le réchauffement climatique.
L'agence climatique de l'ONU a pris des mesures pour adresser ces préoccupations. Les nouvelles règles, convenues lors du sommet climatique COP29 en Azerbaïdjan en 2024, appliquent des calculs plus conservateurs pour les réductions d'émissions.
Règles renforcées et confiance du marché
Jacqui Ruesga, vice-présidente de l'organe de l'ONU supervisant le mécanisme de crédit de l'Accord de Paris (PACM), a exprimé sa confiance. Elle a déclaré que l'objectif est de renforcer la confiance dans ce marché dès le début. La première émission de crédits démontre que le système fonctionne comme prévu.
Malgré les critiques, notamment de groupes comme Greenpeace qui ont dénoncé des lacunes potentielles, d'autres écologistes estiment que ces nouvelles règles apportent une clarté bienvenue. Cette clarté était absente des efforts mondiaux précédents pour réglementer les crédits carbone.
Les défis de l'accès à la cuisson propre
Malgré les avancées, l'accès universel à la cuisson propre reste un défi majeur. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime qu'au rythme actuel, seulement 78% de la population mondiale aura accès à des solutions de cuisson propre d'ici 2030.
Ce chiffre souligne l'urgence d'intensifier les efforts. Des projets comme celui du Myanmar sont essentiels pour combler ce déficit. Ils apportent des solutions concrètes aux communautés les plus vulnérables.
- Santé publique : La cuisson propre réduit les maladies respiratoires.
- Protection des forêts : Moins de bois est coupé pour le combustible.
- Autonomisation des femmes : Réduction du temps passé à collecter du bois, amélioration des conditions de vie.
- Réduction des émissions : Moins de carbone est libéré dans l'atmosphère.
Le développement de ce marché de carbone sous l'égide de l'Accord de Paris représente un outil puissant. Il peut mobiliser des financements pour des projets qui ont un impact positif multiple. Il est crucial que ces mécanismes soient mis en œuvre avec rigueur et transparence. L'objectif est de garantir des réductions d'émissions réelles et durables.





